Conférence n°8 - Artiste femme et éducation PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Camille   
Vendredi, 19 Mars 2010 14:41

 

 

Artiste femme et éducation : une histoire manquée ?

 

 

 

 

La reconnaissance du statut d’artiste aux femmes a été le fruit d’une lutte de plusieurs siècles. Jusqu'au début du XXe siècle, les femmes étaient exclues des écoles d'art et des académies. Longtemps cantonnées aux « sous genres » de la peinture ou aux rôles de muses et de modèles, les femmes ont acquis à grands efforts leur accessibilité au monde de l'art. Mais quelles sont les limites de cette reconnaissance?


Aujourd’hui, même si les femmes ont les mêmes droits que les hommes, ceux-ci conservent le monopole sur la scène artistique. Les statistiques témoignent de la sous-représentation des femmes artistes en France puisque, depuis les années 2000, on constate que 60 % des artistes diplômés des écoles d'art sont des filles mais que leur proportion dans les collections publiques correspond à une moyenne de 15 %.


Dans les manifestations à caractère national ou international, les femmes sont écartées des honneurs. Si l'on prend pour exemple l’Etablissement Public du Grand Palais des Champs Elysées, qui promeut chaque année de grandes manifestations émanant du Ministère de la Culture et de la Communication, la sous représentation est indéniable.


Pour la Force de l’Art 2009, ayant pour but d’exposer les meilleurs artistes français: sur quarante deux artistes exposés, seulement sept étaient des femmes. Cette réticence à présenter les femmes à leur juste valeur dans l’art doit-elle être mise en lien avec une résistance à donner le pouvoir aux femmes?



A l'heure où les cursus universitaires dans le domaine de l'art et la culture sont de plus en plus prisés par une majorité d’étudiantes, l’histoire enseignée relate l’enseignement de l’histoire de l’art est partiel, partial, et relate une histoire d’hommes. Si dans les siècles passés, les artistes féminines ne bénéficiaient d'aucune reconnaissance de la part des instances de légitimation artistique, l'histoire de l'art enseignée aujourd'hui ne se fait-elle pas le relais de cette mésestime en ne revalorisant pas ces artistes ignorées? L'enseignement joue un rôle important dans la construction des idées et des jugements. Les Gender Studies peuvent-elles s’imposer comme un nouveau champ de connaissances, capables de déconstruire le canon figé de l’histoire de l’art, et d’ouvrir une voie nouvelle aux questionnements, et aux discours multiples ?


Avec en intervenants:


Isabelle Alfonso (galeriste et critique d'art),


Zoulikha Bouabdellah (artiste plasticienne),


Anne Cresseils (professeur et chercheuse),


et Eric Fassin (sociologue).

 

Mise à jour le Lundi, 22 Novembre 2010 13:42